Stéphane Lavoué | Ecrivain de la lumière

" Mon M6 me suivait partout, aujourd'hui mon
M (Typ240) en a pris la relève "

Publié le 16. octobre 2017

Santarém - Paris

J’ai véritablement commencé à photographier en découvrant Paris. En 2001. Je venais de démissionner de mon poste d’ingénieur dans l’industrie du bois en Amazonie brésilienne, revenant de deux ans au bord du fleuve Amazone, entre Belém et Santarém.

Et Paris était en campagne ! Chirac-Jospin-Le Pen. Mes premières images sont alors diffusées par Photographie.com pour qui nous chroniquons librement l’actualité politique. Une image par jour pendant 2 mois avec mes camarades de Dolce Vita.

Libération repère la série, publie mon image de Le Pen en Albatros et s’amorce alors tout doucement une collaboration de plusieurs années avec le quotidien. De manif en ministères, de grève en élections, je découvre Paris à travers le viseur de mon Leica. Formidablement excitant. Et quel apprentissage de rêve! Aux côtés des éditeurs photos du journal et stimulé par la proximité de talentueux photographes, j’apprends mon métier de photo-reporter.

Au bout de quelques années de reportage, fatigué d’attendre les ministres dans la cour de l’Elysée ou de leur courir après lors des déplacements officiels, je propose mes services à la dernière page “portrait” du journal. Une discipline photographique exigeante : un lieu, une lumière et le modèle pour moi tout seul l’espace de quelques minutes.

Les portraits fleurissaient partout dans la presse. Il fallait montrer la “gueule” des gens. J’ai vraisemblablement profité de cette évolution puisque les commandes se sont multipliées pour devenir quasi-quotidienne en provenance d’un grand nombre de journaux et magazines. C’était une période très excitante. Stimulante. Etre projeté tous les jours, plusieurs fois par jour, dans des univers différents avec, à chaque fois, la nécessité de “fabriquer” une bonne image, un bon portrait.

 

Le portrait

Mai 2008: (extra-ordinaire) commande du Monde.

J’ai rendez-vous avec Vladimir Poutine. 20 secondes de prise de vue. En lumière du jour, j’ai frôlé la catastrophe mais j’arrive à sortir une image. ll est grand temps de sécuriser un peu plus le dispositif et je décide de passer en lumière artificielle, avec des flashs de studio portatifs.

L’accumulation des prises de vue les années qui suivent me permet d’affiner ma lumière. Tout en m’enfermant lentement dans un dispositif. J’enchaine les très belles commandes, heureux de pouvoir travailler avec la plupart des beaux magazines français et étrangers.

L'émission "Pause Photo" d'ARTE TV a demandé à Stéphane Lavoué d'expliquer douze de ses portraits. Un moment très enrichissant que vous pourrez retrouver ICI

 

 

L'Equipage

Je n’ai plus le temps (ni l’envie) de travailler à des projets personnels. Et cela me tracasse. En 2012, fort de mon expérience de portraitiste, j'amorce un projet autour de l'identité bigoudène, à Penmarch, la pointe Sud du Finistère. Cela donnera L'Equipage. Photos et sons. Exposés au festival Photo de Mer à Vannes puis à Images Singulières à Sète, c’est une véritable bouffée d'air frais dans mon quotidien de photographe de commande. C'est la direction qu'il faut que je prenne. Initier mes propres projets.

 

The North East Kingdom

Fin 2013, je commence à photographier dans le Vermont, un Royaume. Je construis un conte photographique un peu déglingué. J'y retournerai 4 fois. Exposé à plusieurs reprises (Sète, Paris, Lhian Zhou, puis à nouveau Paris pendant le Mois de la Photo 2017), je veux y voir la fin d'un cycle, la fin de la vie parisienne. Et la sortie de mon premier livre fin 2017.

 

" La France Vue d'Ici " : Le Guilvinec

Je profite de mon intégration au projet au long-court « La France Vue D'ici » pour m’installer à la pointe Sud du Finistère pour chroniquer la vie d’un des derniers ports de pêche artisanal : Le Guilvinec. C’est le changement que j’attendais ! Je rallonge considérablement mon rythme photographique. Je résonne désormais en projets photographique et séries. Et tente de développer ma propre narration par l’image. C’est ce que j’ai eu l’opportunité de faire pour la Commande Photographique du Ministère de la Culture « Jeunes Générations » puis lors de la réalisation d’un livre sur les majeurs protégés, sous tutel et curatel pour l’UNAF (à paraître fin 2017).

La biographie de Stéphane Lavoué
Aussi à l'aise dans l'art du portrait que dans la photo de reportage, cet habitué des grands magazines internationaux est né à Mulhouse en 1976. Diplômé de l'Ecole Supérieure du Bois en 1998, il part vivre deux ans en Amazonie brésilienne (à Belém puis Santarém), chargé des achats de bois pour un groupe industriel français. De retour en France en 2001, il s'installe à Paris et abandonne le bois pour la photo, il travaille pour la presse française et étrangère. En 2002 après avoir fondé le collectif Dolce Vita avec 4 autres photographes et amorce une collaboration d'une dizaine d'année avec le quotidien Libération, passant du reportage politique au portrait de quatrième de couverture. Il intègre l'agence MYOP en 2006 puis rejoins en 2010 le groupe de portraitistes PASCO. Il travaille actuellement sur un projet de conte photographique dans un petit royaume aux Etats-Unis : le North East Kingdom of Vermont qui sera exposé au festival Images Singulières à Sete en mai 2015. Parallement, il réalise en résidence à la Comédie Française, les portraits officiels des 65 comédiens de la troupe. Stéphane Lavoué a aussi intégré l'équipe de La France Vue D'ici (en partenariat avec Médiapart) en chroniquant la vie du port de pêche du Guilvinec pendant un an.

    J’ai tout de suite commencé à photographier avec un Leica M. Un M6. J’étais fasciné par l’objet: son design, sa simplicité, la visée claire du télémètre. J’ai ensuite découvert le rendu optique exceptionnel. Lors du passage au numérique, cet objet, le Leica M (Typ240) a contribué à forger ma photographie grâce au rendu bien particulier de son capteur.

    Ses actualités : 

    • La sortie de son livre "The Kingdom" aux Editions 77 - jusqu'en novembre 2017
    • Exposition à la Comédie Française sur "loges d'acteurs, domaine privé" - jusqu’en janvier 2018
    • Exposition à la galerie Confluence à Nantes "The Kingdom" - de janvier à mars 2018
    • Exposition à la galerie Le Magasin de Jouets à Arles "The Kingdom" - jusqu'à fin décembre 2017
    • Exposition à la galerie Focale à Nyon (Suisse) "A Terre" - d'avril à mai 2018
    • Workshop le 18 et 19 novembre dans le cadre de l'exposition "The Kingdom" au Leica Store Lille du 17 novembre 2017 au 6 Janvier 2018 

     

    Retrouver Stéphane Lavoué :