EDOUARD CAUPEIL

"La photographie est un corps à corps"

Publié le 18. décembre 2017 avec Leica SL

Voyages

Parti autour du monde en famille pour quelques années, c’est en Afrique que je rencontre par hasard Malick Sidibé en décembre 1996 et me fait tirer le portrait. J’ai 25 ans, c’est mon anniversaire, ma femme m’offre le Rolleiflex de la gendarmerie qui trône sur l’étagère de Malick depuis des années et lui sert de doublure à son vieux 2/8 Planar… Ma carte de presse en poche, j’écris, fais des photos mais ce nouvel appareil est le déclencheur de ma nouvelle façon de poser mon regard.

 

Catalogue de l'exposition au Musée de Coutances

    Exposition au Musée de Coutances

   1999 : de retour en France, le musée de Coutances me consacre une belle exposition.

   J’obtiens le prix Ilford et m’achète mon premier Leica, un M3.

 

Retour à Paris

C’est une rencontre avec Lili Boniche au café de la danse et sa photo en 4x3 Mètres dans les rues de Paris qui me lancent.

Libération m’appelle et ma collaboration avec la presse commence pour un enchainement de commandes des plus variées. Je n’aime pas me spécialiser, j’arrive à varier les plaisirs du reportage aux portraits en passant par la mode sans trop de difficulté.

A ce moment, je travaille principalement au Rolleiflex et avec mon nouveau M6 qui ne quitte pas mon sac.

edouard

C’est le début des années 2000. Je crée le collectif LUCE pour plus d’aventures. Puis passe quelques années chez Tendance floue et Myop mais préfère rester franc-tireur comme me définit Jules Edouard Moustic qui vient de me choisir pour l’exposition de la saison 2017-2018 à l’Aéronef de Lille .

 

La commande

Depuis 18 ans j’accumule la commande de presse, je réponds quotidiennement aux demandes des journaux. J’ai adoré partir pour Télérama sur les traces d’Albert Camus, pour Libération aux jeux olympiques d’Helsinki, en Algérie avec Le Monde, interroger les chinois qui reconstruisent les villes mais aussi partager le quotidien des médecins de l’assistance publique, des employés de l’andouillerie de Vire ou des victimes de l’amiante.

 

"Les chinois en Algerie", 2005, pour le Monde 2

 

"Sur les traces d’Albert Camus en Algérie", 2009, pour Hors Série Telerama.

 

"Championnat du Monde d’Athlétisme d’Helsinki 2005", pour Libération.

 

 

Le portrait

Le portrait est un sport de combat, un duel fratricide, un exercice toujours incertain et passionnant.

A Cannes, l’année dernière, quelle récompense de rencontrer Jean Pierre Léaud dans son lit…

 

Juste après le carnage de Charlie Hebdo je photographiais Marc Lavoine … et j’étais près du petit Cambodge quand la première rafale a retentit, j’allais à la soirée de Libération… Le journal m’a demandé de faire mon métier… La nuit à sillonner Paris a été si longue, les jours qui suivirent si compliqués à photographier !

 

"Chocolate city", Mound Bayou, USA. 2008-2015

En 2008, suivant les primaires démocrates pour le journal Le Monde sur la route de la gloire d’Obama, je découvre Mound Bayou, Mississippi. Fondée en 1887 par d’anciens esclaves, elle est la première et dernière ville 100% Noire des Etats-Unis. Je me passionne pour ce sujet et ses protagonistes. J’y reviens sans cesse pour essayer de comprendre. Je vends le sujet à Géo Magazine, Libération. J’y vis la première élection d’Obama et voit les larmes de ses gens enfermés chez eux par peur des représailles…

C’est en 2011 après m’être occupé de trouver une nouvelle machine pour le laboratoire de développement de Libération que je cède au numérique, la mort dans l’âme. Mais c’est grâce à ce nouvel objet qui m’encombre que je commence à filmer à "Mound Bayou". J’obtiens l’aide à l’écriture du CNC avec Judith Perrignon à qui je demande d’écrire une nouvelle… Depuis, j'y suis retourné six fois et je suis en cours de production pour un documentaire avec Agat film.

 

"Fashion Week" pour Libération, 2012

J’ai couru les défilés de la fashion week pour Libération avec frénésie, mais je travaille avec plaisir depuis plusieurs années pour de grandes maisons comme Hermès, ou maison Martin Margiela.

 

Retour aux Etats-Unis

« Chassés de la Lumière »  sur les traces de James Baldwin, est un sujet que j’ai réalisé en avril dernier avec le journaliste Nicolas Bourcier pour M magazine du Monde

Sur les traces de James Baldwin

 La question Raciale continue de diviser profondément les Etats-Unis, particulièrement dans ce sud qui a plébiscité  Donald Trump.  « l’Histoire c’est pas le passé, c’est le présent.» aimait à répéter Baldwin.  James Baldwin est mort en 1987, mais l’homme est aujourd’hui plus vivant que jamais. Ses livres s’arrachent dans les librairies. Ses essais se lisent comme des textes d’une actualité étonnamment familière, tant l’Amérique d’aujourd’hui reste hantée par les spectres du passé.  

Observateur exigeant, d’une sensisbilité à fleur de peau, cet exilé de l’intérieur  était terrifié par ce Sud qu’il connaissait mal, lui le natif de New York, homosexuel affirmé et pionnier de la cause gay. Un voyage sur les traces d’un fantôme, revenir dans ce sud  qu’il a sillonné : Birmingham, Montgomery, Selma et Atlanta, toutes ces cités chargées de luttes et de conflits.

Edouard Caupeil et son Leica SL

« Avec le Leica SL , je retrouve d’abord le plaisir d’un objet simple épuré et robuste. Le SL est une appareil performante et moderne sur laquelle je retrouve le rendu des optiques M, anciennes et modernes.

Son absence de miroir le rend très silencieux et sur le terrain sa discrétion n’a rien à envier au M. La mise au point est extrêmement précise et rapide, sans doute le meilleur système pour la mise au point manuelle. J’avais aussi besoin d’un appareil polyvalent. Et pour le portrait je retrouve un confort pendant la prise de vue que j’avais perdu avec les autres appareils numériques »