Uniques en leurs genres

Arndt Sauerbrunn, photographe de mode, shoote les deux derniers de la gamme objectifs fixes SL :

l'APO-SUMMICRON-SL 75 f/2 ASPH. et l'APO-SUMMICRON-SL 90 f/2 ASPH.

 

Comment êtes-vous devenu photographe de mode professionnel ?

Il y a près de 20 ans, avant la fin de mes études, j’ai créé un studio avec deux amis étudiants. L’un d’eux est toujours mon associé dans le studio de Düsseldorf. À l’époque, nous avons commencé par des jobs pour des marques de mode et nous réalisions beaucoup de prises de vues classiques de défilés de mode. C’est ainsi que nous avons fait nos classes. Et puis les choses ont commencé à se développer.

 

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans le système Leica SL ?

Le Leica SL présente plusieurs caractéristiques remarquables mais pour moi, celle qui se démarque le plus, c’est son viseur électronique EyeRes®. Naturellement, le fait que ce soit un appareil incroyablement endurant comparé aux autres, est également un grand avantage. Lorsqu’il est question de longues journées de prises de vues, son utilisation simple et intuitive est vraiment appréciable et la qualité professionnelle des vidéos qu’il permet d’enregistrer est également quelque chose que j’apprécie beaucoup.

 

 

 

Quel type d’atmosphère avez-vous essayé de transmettre durant cette séance de prise de vues ?

Premièrement, je voudrais faire mention des vêtements que nous avons photographiés. Andrea Jacobi, créatrice de Meinweiss, possède une marque de mode vraiment originale. J’aime vraiment ses collections et j’apprécie ses coupes élégantes associées à des matières classiques comme la soie. La qualité de fabrication de tous ses vêtements est extraordinaire. Si je ne me trompe pas, toutes les robes sont faites en Allemagne.

Il était important pour moi d’exprimer cette mode féminine et la haute qualité de fabrication sous la forme d’un langage visuel approprié. Les sites de prise de vues et les mannequins ont été choisis pour souligner l’individualité exclusive des vêtements. On peut faire un magnifique travail quand chaque photo est un petit scénario à part entière.

Mais votre question concernait davantage les impressions que je voulais transmettre. Je pense que j’ai voulu illustrer l’équivoque entre la force et la vulnérabilité féminine : il y a là l’évocation de quelque chose de magique.

 

Vous avez utilisé le nouvel APO-Summicron-SL 1:2/75 ASPH. et l’APO- Summicron-SL 1:2/90 ASPH. Comment pourriez-vous décrire l’expérience qui émane d’une prise de vues avec ces objectifs à haute performance ?

Quand j’ai commencé mes premières prises de vues avec le 90mm (APO-SUMMICRON-SL 1:2/90 ASPH.), je n’imaginais pas combien l’objectif pouvait être aussi net à pleine ouverture. Cela étant, toute la netteté du monde n’a aucun intérêt si elle n’est pas faite au bon endroit. J’étais donc sceptique, mais après avoir enregistré les premières images, j’ai réalisé que je pouvais faire totalement confiance à l’autofocus. Il était à l’origine d’une précision étonnante. Le système de détection automatique de l’œil est également très performant. Dès la première vue que j’ai réalisée, les yeux du modèle étaient pratiquement nets à 100%.

En termes de netteté et de structure, les résultats sont insurpassables et travailler avec le Leica SL équipé de ces objectifs est vraiment passionnant. Le design et l’ergonomie sont cohérents pour tous les objectifs SL, quelle que soit leur focale. Peut importe l’objectif que j’utilise, sa prise en main reste la même. L’équilibre est identique, la bague de mise au point est toujours bien située, au même endroit, le diamètre pour les filtres est constant et bien sûr, la performance optique est également toujours optimale. On retrouve cette cohérence avec les objectifs Leica conçus pour le cinéma : les Summilux-C et Summicron-C. En terme de performance, Leica place la barre très haut pour toutes ses gammes d’objectifs.

 

L’APO-Summicron-SL 1:2/75 ASPH. se positionne dans la zone de transition entre focale standard et focale téléobjectif. Comment avez-vous bénéficié de la polyvalence de cet objectif ?

Je peux déjà dire sans me tromper que l’APO-Summicron-SL 1: 2/75 ASPH. va devenir l’une de mes optiques préférées. Au premier abord, la focale peut sembler un peu étonnante mais c’est vite très agréable de travailler avec cette focale et j’ai tout de suite apprécié de voir les choses différemment.

L’APO-Summicron-SL 1:2/90 ASPH. réunit les caractéristiques parfaites pour la photographie de portrait, et les photos à mi-distance que vous avez réalisées avec cet objectif sont extraordinairement nettes. Mais comment avez-vous abordé votre travail avec ce 90 mm ?

La focale de 90 mm est un classique. Associée à la luminosité appropriée, c’est l’objectif parfait pour le portrait et les plans détaillés sans effet de perspective de type grand-angle. Mais cela n’est pas un secret !

 

Quelle a été votre sentiment sur la luminosité, la précision et la discrétion de fonctionnement de cet objectif ?

Les objectifs sont lumineux et fiables en mode autofocus. Il n’y a eu que peu d’occasions durant lesquelles j’ai fait le point en manuel. Cette mise au point manuelle s’effectue d’une manière vraiment très douce et l’on perçoit réellement la précision de la fabrication. Ces objectifs sont aussi extrêmement silencieux. Je n’ai remarqué aucun bruit de fonctionnement durant mes prises de vues.

 

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Le contraste entre le plan focal et les autres zones de l’image qui caractérise vos photos valorise vos sujets qui se “détachent” très nettement. Quelles ouvertures avez-vous utilisées pour vos prises de vues et quel type d’éclairage?

Presque toutes les photos ont été réalisées à l’ouverture maximale et nous avons travaillé avec des éclairages Briese. Nous avons utilisé des torches-flash de taille standard ainsi que des grandes boîtes à lumière verticales. J’aime beaucoup ce type d’éclairage. J’ai aussi travaillé en éclairage en contre-jour direct. La lumière venant d’une porte vitrée en verre dépoli était fantastique. L’appareil, ou plutôt les objectifs, ont permis de créer une énorme gamme de contrastes.

 

Que pensez-vous de la profondeur de champ produite par ces objectifs ?

La dynamique et la résolution de détail des images réalisées avec ces objectifs sont extrêmement élevées. La profondeur de champ est réellement plus faible que celle que l’on pourrait attendre de la valeur f/ correspondante.

Cela signifie que les objets parfaitement mis au point se détachent plus nettement du fond et que l’impression générale est celle d’une image au relief plus marqué. L’impression de volume est accentuée. Concrètement, cela offre de nouvelles opportunités de composition et d’expression créative. J’ai vraiment eu l’impression d’utiliser un duo de nouveaux outils réellement performants.

Durant la séance de prise de vues, nous avons exploité l’éclairage de manière très précise. Heureusement, les changements liés à la conversion des DNG en Tiff ont pu être minimisés. Nous avions déjà obtenu le maximum d’informations sur les fichiers RAW à partir de quelques vues réalisées en contre-jour. J’ai développé les images dans Photoshop Creative-Cloud. Les photos de mode sont toujours traitées dans Photoshop. Personnellement, je définis un réglage spécifique des tons chair afin de préserver leur aspect naturel. À cet égard, la modération est certainement la meilleure chose.

 

Quel travail d’editing avez-vous consacré à ces images ? Pourriez-vous nous décrire votre traitement ? Auriez-vous un conseil à donner à ceux qui souhaitent améliorer leur technique en photographie de portrait ou de mode ?

La réussite de bonnes images dépend de tellement de paramètres différents pour chaque prise vues ! En complément de la nécessité d’avoir une bonne méthode de travail (ce qui n’est pas le plus facile) et de disposer des moyens créatifs que constituent l’éclairage, la chose la plus importante, c’est de parvenir à créer une atmosphère agréable sur le plateau. Ceci peut sembler banal mais cela demande beaucoup d’attention et même de rigueur, dès la phase de préparation de la prise de vues et dès les premiers échanges avec le client. Si vous parvenez à créer ce climat favorable, cela contribuera à détendre et à mettre en confiance toutes les personnes participant au projet. Une équipe de professionnels créatifs et un équipement performant sont également indispensables.

Vous devez vraiment pouvoir faire confiance à vos collaborateurs autant qu’à votre équipement. Il y a peut-être une chose supplémentaire que vous devez savoir, c’est que souvent, il y une pression liée au temps qui s’installe durant la prise vues. Cependant, le photographe ne devrait jamais avoir l’impression d’être dans l’urgence. Il faut qu’il poursuive sereinement ses essais de techniques et de compositions différentes. Parfois, la meilleure décision c’est de prendre son temps plutôt que de vouloir aller vite. Ce qui est fondamental, c’est la qualité des photos.

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